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Séisme à Haïti - 12 janvier 2010
Huit ans après - 12 janvier 2018

12 janvye 2010-12 janvye 2018: Respè pou tout viktim yo

Sa gen 8 lane depi yon gwo tranbleman tè te frape anpil nan konpatriyòt nou yo. Trajedi sa a lakoz anpil timoun ap grandi oubyen san papa, oubyen san manman, oswa tou de. Chak fwa dat 12 janvye a rive, se anpil soufrans ak tristès ki anvayi nanm anpil konpatriyòt nou yo, antan yo pa janm ka fin konprann pou ki rezon lanati pran moun ki te pi chè pou yo a nan men yo. Petèt si moun sa a te la jodi a, se pa kon sa lavi anpil nan yo ta ye. Nan okazyon sa a, m prezante senpati m bay tout fanmi viktim sa yo. E m swete chak moun dapre kwayans yo va òganize yon sèvis nan memwa yo.

Katastwòf natirèl ap toujou egziste jouk latè beni fini. Devwa otorite k ap mennen bak chak grenn peyi se ki jan yo kapab konstwi yon anviwonnman pou rive redui kantite viktim yo lè yon katastwòf rive.  Nan sans sa a, kesyon ki merite poze; èske Ayiti pare pou yon frap tankou 12 janvye ankò? Repons lan se non. E pou ki sa? Otorite nou yo pa janm pran desizyon ki nesesè pou montre yo vle chanje eskanp figi peyi a vre. Apre uit lane, gen kay ki ta sipoze demoli ki la pi rèd toujou. E kay sa yo reprezante yon danje pou tout moun. Dapre jan majorite anpil nan nou panse, espesyalman elit politik, ekonomik, entelektyèl ak relijye a, nou reprezante yon danje pou peyi a ak pwòt tèt pa nou san nou pa menm rann kont.

Anwetan bèl diskou chak fwa dat sa a rive, epi depoze yon boukè flè anba yon moniman ki nan yon teren abandone, otorite nou yo pa vreman fè anyen pou onore memwa viktim yo, ale wè pou ta akonpaye moun ki andikape yo akoz katastwòf la. Lavi nou tout an danje, li lè li tan pou nou gen otorite ki konprann devwa yo pou nou sispann repete Bondje bon tout lajounen pou nenpòt ti pwoblèm.

Pèsonn moun pa ta janm swete viv yon katastwòf tankou douz janvye, e pou sila yo ki pase anba eprèv sa a deja, se pa pale. Tankou enjenyè jeyològ Claude Prépetit toujou di li “se pare pou nou pare.” Men, pou nou pare, sa mande pou nou gen moun ki sou pouvwa ki prepare. Kidonk, moun ki fòme, enfòme ak onèt, e ki konnen sa yo rele enstitisyon pou rive fè peyi a demare.

Pou nou tout k ap soufri an silans depi 12 janvye 2010, tout kretyen vivan konsekan pataje soufrans nou. Chapo ba devan kouraj nou, fòs rezistans nou! Chak fwa m wè nou kontinye ap goumen ak lavi a, sa ban m anpil kouraj. E nou fè m kwè tout bon vre Ayiti bite, men li pa tonbe, epi Ayiti p ap peri.

Jacques Pierre
@PJacquespie
Co-director of Haiti Lab
Duke University, NC

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Pascal Monin.

Déjà huit ans...Huit ans après,
nous ne sommes pas prêts
d'oublier. Ce jour combien fatal
quand la mort jusqu`à l'horreur
près de trois cents mille
fois t'a frappée Ô Haïti, le mal
nous est resté dans le cœur
gravé de sang indélébile...
Seulement quelques secondes
ont détruit tout un monde,
la terre a tremblé et les portes
de l'enfer se sont ouvertes,
dans le néant qu'importe
sans la moindre alerte
tout emporté sur son passage
sans égard ni de l'âge
ni du fort qui semblaient défier
le temps. Tout est éphémère
mais il y a un temps de l'amer
qu'on ne peut jamais oublier...
Haïti! Haïti! Mon pays!
Même si je t'ai laissé
je ne t'ai point trahi,
par-delà les sept mers
j'ai été ton cœur chercher,
ton sol coulé vers l'amer...
Tes fils sont partis là-bas
où dans ton sang tu bats
la campagne, ta veine
de divisions vaines
déchirée d'issues,
d'une misère sans issue...
.
Eight years already!
Yet we are not ready
to forget. That day how fatal,
when death hit in horror
without warning with such a terror
the pain in our heart with blood
is still engraved. In a second a flood
of wave and disaster swept away
a whole world, wide opened Hell
and sinister their doors and the bell
of death regardless of age
ringing a violent rampage
all along their way...
Everything is ephemeral
but sometimes more biter
the sorrow, so difficult to forget...
Haiti! Haiti! My country!
If I left you one day
far away, beyond the horizon
at the Seven seas, it's to get
back the meaning of reason...
So much blood pouring true your vein
always in divisions torn in vain
your misery, a long chapter
that seems without any end,
nobody there to give you a hand....

Guy Cayemite

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Huit ans après le séisme de 2010, quelle promesse a-t-on tenue?

Publié le 2018-01-11 | Le Nouvelliste (Jean Pharès Jérôme)

Haïti commémore la 8e année du séisme du 12 janvier 2010 qui a changé pour toujours le destin de nombreuses familles haïtiennes. Si le pays fait semblant d’être guéri du drame, beaucoup de personnes pleurent encore dans la solitude leurs proches disparus. Comme lors des années précédentes, nous nous apprêtons à saluer la mémoire des victimes pour passer à autre chose le lendemain. D’ailleurs, dès le lendemain de la célébration du 1er anniversaire de la catastrophe, nous étions déjà passés à autre chose. C’est bien d’avancer, pas bien d’oublier.

8 ans après la mégacatastrophe, est-il trop tôt pour faire le bilan de ce que nous avons fait pour tenter de panser les plaies béantes qu’elle a laissées ? Au lendemain du 12 janvier 2010, beaucoup de promesses ont été faites, beaucoup d’engagements ont été pris pour que, plus jamais, le pays n’enregistre autant de morts, ni de blessés, ni de dégâts matériels lors d’une catastrophe naturelle. Cela impliquerait la construction d’une nouvelle Haïti avec pour corollaire de faire de la politique autrement, de réformer le système éducatif, de réduire les inégalités sociales, de construire des infrastructures selon les normes, etc. Huit ans après, où en sommes-nous? Qu’avons-nous fait pour que plus jamais le pays ne revive un 12 janvier?

Des spécialistes, des observateurs, de simples citoyens estiment que rien n’a changé depuis la catastrophe. Au point que certains prétendent qu’un séisme de la même magnitude que celui de 2010 ferait le même nombre de victimes. Ils ont peut-être raison si nous considérons que peu de leçons ont été apprises de la catastrophe. Nous continuons de construire comme avant le 12 janvier 2010. Beaucoup de publicités ont été faites autour d’un code de construction qui jaunit dans les tiroirs. Les mairies n’ont toujours pas la capacité de contrôler les constructions dans leur commune. Pour preuve, les nouveaux quartiers construits au nord de Port-au-Prince ne sont pas mieux aménagés que ceux qui ont été détruits ou endommagés par le séisme. Au vu et au su de l’État et des élites, le pays continue de renforcer sa vulnérabilité, ses faiblesses.

Dans le domaine de l’éducation, qu’avons-nous fait pour changer le comportement de la population pendant et après un éventuel séisme? Combien de nos écoles réalisent fréquemment des exercices de simulation liés au tremblement de terre? S’il est vrai que beaucoup de «bòs mason» ont été formés par le ministère des Travaux publics, Transports et Communications ainsi que par des ONG sur la construction parasismique, qui se charge de vérifier s’ils prennent en compte les notions étudiées dans leurs constructions?

À défaut de pouvoir tout changer en huit ans, nous pourrions choisir de réguler le secteur de la construction et de renforcer la capacité de la population en vue d’avoir le bon réflexe au cas où se survient un séisme de forte magnitude. N’est-ce pas les constructions hors-normes et l’ignorance qui avaient causé autant de victimes le 12 janvier 2010? Huit ans après, il semble que nous oublions si les mêmes causes produisent les mêmes effets.

En ce 12 janvier 2018, c’est bien de penser à nos disparus, de dire bon courage à ceux qui portent des cicatrices de la catastrophe dans leur corps ou dans leur âme. Mais le plus grand hommage que nous pouvons leur rendre, c’est de tenir notre promesse de construire une Haïti meilleure que celle qui a été détruite par le séisme de 2010. Il n’est pas trop tard pour lancer les travaux de ce projet collectif.

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«Nous continuons à creuser notre tombe 8 ans après»

Publié le 2018-01-11 | Le Nouvelliste (Michelson Césaire)

«L’expansion de Canaan et de Jalousie, deux grands bidonvilles de Port-au-Prince, prouve que nous continuons à creuser notre tombe», déclare le docteur en sismologie, Sadrac St Fleur, en marge d’une simulation organisée à l’UNIFA ce jeudi 11 janvier, avec des étudiants afin d’observer leur comportement en cas de séisme.

Selon le spécialiste, «comme le 12 janvier 2010, on n’avait pas assez de tombes, on crée ces bidonvilles», tout en appelant la population, notamment les autorités centrales, à prendre conscience des risques sismiques.

L’ingénieur civil qui passe en revue les différents cataclysmes de très fortes magnitudes, s’indigne que l’État ne s’engage pas assez au niveau de l’unité sismologique.

Il évoque une unité sismologique mal en point. «Il y a une seule station sur 12 du réseau sismologique qui marche, et de façon boiteuse. Dans certaines d’entre elles les panneaux solaires ont été dérobés, d’autres stations ont des problèmes mineurs», avance Sadrac St Fleur, l’air inquiet.

Il rappelle que le budget alloué à ce réseau sismologique, variant entre 6 et 7 millions de gourdes, ne représente rien alors que la mise en place d’une station sismique coûte environ 20 000 dollars américains. «Entretenir 12 stations avec 7 millions de gourdes n’est pas évident», glisse-t-il.

Du coup, poursuit le docteur en sismologie, Haïti ne détient pas assez d’informations sur les séismes. «Le dernier tremblement de terre à Thomonde n’est pas enregistré», indique le coordonnateur de la Faculté d’éducation permanente de l’UNIFA.

Le professeur à l’université explique que le séisme joue sur les détails, comme pour inviter la population et une centaine d’étudiants qui l’écoutent à changer de comportement face au phénomène sismique.

Sadrac St Fleur insiste sur une plus grande sensibilisation afin que la population connaisse mieux ce qu’est le phénomène sismique et puisse se préparer.

«La nature ne nous pardonne jamais», alerte le docteur en sismologie, indiquant qu’Haïti est une zone à risque sismique parce qu’on est à la limite de la plaque tectonique.

«La saison sismique n’est pas connue. Elle commence le 1er janvier et s'achève le 31 décembre», prévient M. St Fleur qui estime qu’il nous faut un bon microzonage sismique qui prend en compte les risques sismiques dans l’aménagement du territoire.

Le spécialiste en sismologie ne cache pas ses inquiétudes pour Haïti en cas d’un nouveau tremblement de terre. Pour le moment, dit-il, il est difficile d’évaluer le comportement de la population huit ans après le séisme meurtrier.

Il encourage la population à faire preuve de maîtrise en cas de séisme majeur afin d’adopter les comportements appropriés, à savoir: «se mettre dans un endroit dégagé, rester à couvert, éviter les câbles électriques, se déplacer des maisons à plusieurs étages, éviter les ascenseurs et retrouver les points de rassemblement».

Par ailleurs, une simulation de tremblement de terre a été réalisée avec les étudiants afin d’étudier leur comportement. Sadrac St Fleur sensibilise autour du besoin fondamental de convertir nos constructions en bâtiments parasismiques et demande à la population d'aménager des zones de sécurité dans leurs quartiers pour se refugier en cas de tremblement de terre. Il recommande, entre autres, aux ménages et propriétaires d’immeubles de consulter des ingénieurs qualifiés afin d’évaluer le niveau de ductilité de leurs bâtiments.

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26 camps de fortune sont encore debout huit ans après le séisme de 2010

Publié le 2018-01-11 | Le Nouvelliste (Michelson Césaire)

Haïti, huit ans après le séisme meurtrier de janvier 2010, des familles sont toujours en refuge dans des camps de fortune à Port-au-Prince. 26 camps répertoriés dans la région métropolitaine laissent les séquelles du cataclysme qui a endeuillé des familles haïtiennes, environ 200 000 morts.

Sur la route près de la piste de Delmas 2 est situé le camp de fortune communément appelé «La Piste», habité en majeur partie par des personnes à mobilité réduite et des sourds-muets. À cet endroit depuis le cataclysme de janvier 2010, des familles y ont trouvé refuge. Pas de bloc sanitaire, pas d’eau potable, privés d’électricité, sans aucune assistance, des gens s’accrochent encore. Ils font leurs besoins dans des sachets et les lancent ensuite de l’autre côté de la rue depuis ces dernières années. Dans un petit robinet quand la DINEPA songe à laisser couler l’eau, ils font le pied de grue. C’est l’enfer pour eux, comme l’a voulu exprimer un muet.

Ils ne sont pas les seuls à moisir dans des camps de fortune. Chaque camp de fortune draine son lot de misère. 8 ans après le tremblement de terre de 2010, environ 37 600 personnes (soit 9 255 ménages) vivent dans 26 sites ouverts dans la région métropolitaine, a informé l’Organisation internationale pour la migration (OIM).

Comme pour démontrer que les séquelles sont encore là, Delmas et Léogâne en comptent chacun six camps de fortune encore opérationnels, déchiffre l’OIM.

Le camp Caradeux s’impose à Delmas et prend la forme d’un grand village bâti au moyen des pavillons lors de cette avalanche de dons offerts par Catholique Relief Service, peu après le séisme. Les bras de fer se multiplient, pourtant les rescapés continuent à loger les 15 hectares de terre qui s’étendent de Caradeux jusqu’à Delmas 75.

Un jeune homme calfeutre le toit de son shelter mercredi au camp Caradeux. Partout sont estampillés sur les shelters «à vendre ou à louer».

«Nous avons 10 blocs ici», informe Gemps Blot, président dudit camp, qui semble perdu sur le compte exact. «Nous exigeons un village en construction dure pour améliorer les conditions de vie de plus d’un millier de familles dans ce site», s’exclame-t-il. Gemps Blot explique que les citoyens s’organisent sans l’aide des organisations non gouvernementales depuis plusieurs années.

Le calvaire de ces gens n’est pas différent des 25 autres sites d’hébergement provisoires.

Compte tenu de la vulnérabilité de ces personnes demeurant toujours dans les camps huit ans après le tremblement de terre de janvier 2010, le gouvernement haïtien et la communauté humanitaire considèrent le démantèlement des camps comme une priorité absolue, a réagi Emmanuelle Dérice, responsable de cette unité à l’OIM. Elle précise qu’à l’heure actuelle, seules quelques activités de relocalisation, avec subvention au loyer, sont toujours mises en œuvre.

La responsable de cette unité affirme que 97 % de la population initialement déplacée suite au séisme a pu quitter les camps au cours des 8 dernières années. «Ce retour a été facilité par la mise en œuvre de programmes innovants développés par les partenariats nationaux et internationaux ainsi qu’aux efforts individuels des personnes déplacées ayant identifié leur propre solution pour quitter les camps», a-t-elle confié.

Emmanuelle Dérice pense qu’il faut continuer le travail d’appui au gouvernement afin de fournir l’accès aux solutions durables aux personnes qui demeurent déplacées depuis 2010. Seul petit problème, il y a un manque de financement.

Si l’on se fie à Mme Dérice, les raisons pour lesquelles 26 camps restent ouverts sont, entre autres, le manque de financement pour y implémenter des solutions durables ainsi que les propres caractéristiques de ces camps (propriété du terrain, type d’abris, préférences des déplacés, etc.).

Plus loin, elle continue pour préciser que dans la période allant de juillet 2010 à mai 2017, presque 90 000 ménages déplacés (soit plus de 301 000 individus) ont pu quitter les camps grâce aux subventions au loyer, ce qui a permis la fermeture de 550 camps de déplacés. Au total, 1 529 camps ont été fermés.

Par ailleurs, Emmanuelle Dérice explique que les 26 camps qui restent ouverts depuis 2010 devront être relocalisés ou bien intégrés dans le tissu urbain en respectant les standards d’aménagement urbains nationaux, en ligne avec la stratégie du gouvernement d’Haïti.

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«J’ai enterré 3 000 morts en trois jours»

Publié le 2018-01-10 | Le Nouvelliste (Dieudonné Joachim)

Le réalisateur Yves Boissonière nous offre deux documentaires, deux courts-métrages de 30 minutes chacun. Le titre précédent n’a rien d’une fiction. «J’ai enterré 3 000 morts en trois jours», c'est l’exploit de l'Haïtien qui a offert une dernière demeure à ses compatriotes mis en évidence par le Dr Yves Boissonière, réalisateur du film à succès «Tourbillon» en 2004. Cette production ainsi que le film «Mon école, ma résurrection» tiennent de la pure réalité du séisme du 12 janvier 2010 et des mésaventures et autres fâcheuses conséquences qui l’ont suivi.

«J’ai enterré 3 000 morts en trois jours» et «Mon école, ma résurrection» ont été projetés en avant-première dans la ville natale (Léogâne) du réalisateur Yves Boisonnière. Le dimanche 17 décembre 2017, à l’auditorium FSIL. À la fin de la projection, les organisateurs ont pu honorer l’homme derrière cette déchirante histoire. Bon nombre de Léogânais donnaient Lebrun Civil pour mort. Mais, en réalité, il est bien vivant. Il faisait partie de la cellule d’urgence de la mairie de Léogâne des premiers moments du séisme du 12 janvier 2010.

Comme partout où le tremblement de terre a frappé, Léogâne a connu les affres du sinistre qui a fait tant de victimes humaines que de dégâts matériels. Lebrun Civil est chargé des décès à la mairie de Léogâne. Après les ravages provoquées par le séisme, il a dû se résoudre à chercher des moyens pour inhumer des morts qui se comptaient par milliers. Ne demandez pas si l’odeur pestilentielle commençait à nuire aux survivants de Léogâne. La mairie s’est aussi mêlée de la partie en cherchant à dégager le peu de moyens possibles. Les autres travaillaient avec des gants, des masques, mais Civil pouvait s’en passer. Il travaillait sans relâche. Quelque temps après, il a perdu toute sa lucidité. Comprenez que Lebrun Civil dit «Ti Lebrun» a été victime de stress posttraumatique. Il a même dû aller prendre des soins dans un centre psychiatrique.

Cela n’a pourtant pas empêché des rechutes à répétition. Le réalisateur a toujours pensé à le supporter, le documentaire est un hommage au personnage et à tous ceux qui ont apporté leur aide. À la fin de la cérémonie, l’homme est apparu sur le podium et sous les projecteurs correctement. Il a reçu une «standing ovation» digne des grands. La ville de Léogâne l’a fait le 17 décembre 2017. C’est une énorme dette que la commune avait envers Lebrun Civil. Léogâne s’est enfin acquittée de la dette avec manière!

L’autre court-métrage projeté durant la soirée «Mon école, ma résurrection» est lui aussi un hommage aux parents, aux élèves, aux instituteurs, aux professeurs et autres membres de la chaîne éducative dans le pays. Des élèves qui ont repris le chemin de l'école après le tremblement de terre dans des conditions difficiles ont su remonter la pente. Bon nombre poursuivent leurs études supérieures, d’autres ont même été déjà diplômés dans les disciplines, les domaines de leur choix. Comme cela mérite l’attention de la société, ce documentaire montre comment les élèves s’y sont pris pour passer cette étape après la catastrophe.

Le synopsis suggère que l'âme d’un enfant mort lors du séisme est revenue dans le corps des siens laissés sur la terre pour visiter ses camarades et constater leurs déboires et admirer leur courage. On se demande à un moment, entre les élèves qui sont déjà morts et ceux qui vivent encore, qui sont les plus chanceux, tant les vivants font face aux difficultés quotidiennes de la vie, aux privations de toutes sortes. Ils n’ont pas de quoi manger, pas de chaussures, pas de livres. Les commodités manquent cruellement. Les élèves sont assis à même le sol pour recevoir le pain de l’instruction, parfois en plein soleil, sans toit. Finalement, l’enfant promet d’apporter les doléances là-haut.

Le réalisateur confie que les 12 documentaires sont en postproduction et constituent des devoirs de mémoire des différentes facettes de la catastrophe du 12 janvier. Deux sont sortis, il reste encore 10 autres à réaliser dont l’un dédié à l’ingénieur Claude Prépetit et au musicien Ricky Juste de K-Dans ainsi qu'une fiction. Les moyens financiers viennent des activités personnelles et du programme de santé scolaire mis en œuvre à Léogâne depuis plus de 20 ans. Le Dr Boissonière pense que les 10 autres documentaires et un film de fiction vont trouver le support des intéressés en vue de constituer une banque de données pour les générations futures. L'Union des médecins haïtiens (UMHA), intéressée à l'aspect médical psychologique des films, sera partie prenante à la grande première de ceux-ci qui aura lieu au début de l’année 2018.

Filmographie et prix:Tourbillon "Whirlwind " Prix -Best directorial debut award Hollywood (2005) -Best screenplay (scenario) award New York International independent film and video festival -J’ai enterré 3000 morts en 3 jours (2017) -Mon école, ma résurrection (2017)

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Reconstruction du Palais national:
Jovenel Moïse fera d’une pierre deux coups…

Publié le 2018-01-10 | Le Nouvelliste (Roberson Alphonse)

Palais national. Photo fabio et Franco Biaggi.

Le 12 janvier 2018, le président Jovenel Moïse fera d’une pierre deux coups. Il posera la première pierre pour la reconstruction du Palais national et procédera au lancement du concours pour retenir le meilleur plan pour cet édifice dont l’architecture devra s’inspirer du palais dessiné par l'architecte Georges Baussan..

Après l’offrande florale au «Mémorial du 12 janvier» à St-Christophe et une cérémonie œcuménique, le président Jovenel Moïse posera la première pierre de la reconstruction du Palais national vendredi, huit ans jour pour jour après sa destruction par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, a confié au journal le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, ce mardi 9 janvier 2018.

La reconstruction du palais national est extrêmement importante pour le président Jovenel Moïse qui veut laisser cette infrastructure au pays au terme de son quinquennat, a expliqué Lucien Jura. Le palais national est un symbole, le haut lieu du pouvoir politique en Haïti. C’était le plus beau palais, de l’avis de plus d’un, qu’il y avait dans toute la Caraïbe, a-t-il poursuivi, soulignant la préférence quasi unanime pour que le nouveau palais, du point de vue architectural, ressemble à celui de Baussan.

«Il est fait en sorte que la pose de la première coïncide avec le lancement du concours pour choisir le plan. Je pense que le 12, le président de la République va publier la liste des firmes qui participeront au concours et le jury», a confié au journal l’ex-ministre de la Culture, ex-directeur de l’Ispan et architecte Daniel Élie, membre du Comité de réflexion sur la reconstruction du palais national.

Le délai fixé pour déterminer le plan gagnant est de quatre mois, a-t-il expliqué. «La pose de la première pierre est toujours un acte symbolique. C’est le début du processus», a-t-il dit. «On planifie pour aller assez vite. Le temps de faire les études et on débute le chantier. Il y aura des travaux préliminaires sur le site. On a un premier chronogramme provisoire. On espère terminer le chantier dans les trois prochaines années», a indiqué Daniel Élie.

«Le concours débouchera directement sur une passation de marché public», avait confié Daniel Élie au journal lors d’une interview en novembre 2017. C’est pourquoi, avait-il ajouté, la commission a pris beaucoup de précautions en ce sens.

Il s’agit d’un concours national de portée internationale, avait précisé l’ingénieur Clément Bélizaire, le coordonnateur de la commission. Une façon pour lui de dire que l’appel d’offres est international. Les participants au concours seront évalués et le processus respectera les normes de la passation de marché public, avait-t-il souligné. Le gagnant du concours aura à la fois l’étude et la supervision des travaux, avait-il dit.

Les participants ont droit à des relevés topographiques, des aménagements antérieurs du palais présidentiel du pays afin de mieux faire leurs propositions.

Selon Daniel Élie, à la place de la maquette, la commission demande aux participants une vidéo de trois minutes dans laquelle ils présentent le plan du travail avec toutes les perspectives de l’intérieur et de l’extérieur.

«J’estime nécessaire de reconstruire les façades extérieures du palais à l’identique. Mais, à l’intérieur, il y a lieu d’avoir de nouveaux accommodements qui permettront de répondre aux besoins des organes et des services de la Présidence de la République, tout en respectant les normes modernes de construction d’un bâtiment public», avait recommandé le chef de l’État lors de l’installation de la commission.

Selon Clément Bélizaire, Georges Baussan doit être dans toutes les propositions de reconstruction du nouveau palais. Il a rappelé que l’ancien a été considéré comme le palais néoclassique le mieux réussi des Amériques. Pour lui, on ne doit pas perdre cette distinction dans la nouvelle construction.

Le palais national est à la fois symbolique, historique mais aussi identitaire. C’est pourquoi Daniel Élie pense que le nouveau bâtiment doit prendre en considération toutes ces dimensions.

Dans ses fonctionnalités, le palais est unique, a fait savoir l’architecte Élie. Il est un lieu de réception de l’apparat, une résidence et un lieu de gestion du pays. Ces trois composantes doivent cohabiter avec pour point commun la haute sécurité, avait-il dit.

Environ 1 500 personnes travaillent au palais, a-t-il affirmé. Il y en a qui y travaillent pendant des heures précises, il y en a d’autres qui y habitent, comme la famille présidentielle et d’autres employés. De ce fait, le bâtiment doit avoir un hôtel, une cuisine industrielle, une infirmerie…, ont expliqué les membres de la communication.

Pour prendre part au concours, les firmes étrangères doivent s’associer avec des firmes haïtiennes et ces dernières devront être le chef de file. Un jury indépendant et technique composé d’architectes sera constitué pour évaluer les propositions. «Les participants seront jugés par leurs pairs», avait dit Daniel Élie.

Quel sera le coût de la reconstruction du palais national?

La commission ne dispose pas encore de réponse exacte à cette question. Cependant, selon l’architecte Daniel Élie, la surface qui sera utilisée pour les trois grandes composantes du palais national permettra de connaître le coût de la reconstruction du bâtiment. Mais avant, une estimation approximative leur permet déjà de voir que l’ouvrage peut avoisiner les 40 millions de dollars, «clef en main». Toutefois, cette estimation ne prend pas en compte le système de sécurité, entre autres.

Pour essayer de déterminer le coût de la reconstruction du nouveau palais, l’ingénieur Clément Bélizaire se rapporte à l’évaluation de l’ancien palais d’avant le séisme de 2010 à 50 millions de dollars.

Selon Clément Bélizaire, le financement de la reconstruction du palais national s’étalera sur quatre exercices et l’impact financier ne sera pas insoutenable pour l’économie.

Outre le Trésor public, pour financer la reconstruction du palais, la commission entend organiser des levées de fonds et demander la participation des institutions de l’État à but lucratif.

Roberson Alphonse et Robenson Geffrard

Voici les membres du Comité de réflexion sur la reconstruction du Palais national: Clément Bélizaire (coordonnateur), Patrick Durandisse, Patrick Delatour, Daniel Élie, Sabine Malbranche, Georges Michel et Yvan Pinchinat. Les sept membres du comité, devront, selon le vœu du chef de l’État, se mettre au travail rapidement de concert avec le Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) et l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP).

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