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A l’assaut de l’Octroi de mer

Le populisme autophage

de Mireille Jean-Gilles

«Le malheur, c’est que nous nous sommes toujours imaginés
à travers l’imaginaire des Maîtres».
(Mayra Santos)

Évolution annuelle moyenne de population entre 2014 et 2020.

Héritaj’
Le retournement
Le Front intérieur
Les Cols blancs
La si chère «Vie chère»
Et vogue la galère…
Un débat loyal?
L’Octroi de mer : Qu'es aquò?
A qui profite le crime?
Le festin 
Les oiseaux de proie
Les révoltes de Noirs aux Antilles
Le ressac incessant de la mer
D’une servitude, l’autre

Héritaj’

L’Octroi de mer a été marqué, dès l’origine, par le sceau de l’indignité, voire de l’infamie.

Il représente une tâche sombre dans l’histoire d’une France, auréolée de ses Lumières, à l’orée des Temps modernes. 

Il fait songer au «bois d’ébène»: taxé au même titre que n’importe quelle autre marchandise?

Il fait songer à ces créatures auxquelles un Code, noir comme il se doit, finit par accorder une âme, pour mieux les enchaîner.

Il fait songer à ce Dieu, bon comme un vieux planteur affable, qui soulage et réconforte, pour s’absoudre de tous les pillages, viols et crimes perpétrés en son nom. 

Il fait songer à la sueur des hommes, des femmes et aussi des enfants, Noirs comme il se doit, dans les flots Verts des champs de canne, virant au Rouge s’il le fallait, pour édifier la prospérité de la Mère patrie et dont il nous reste en héritaj’ quelques vapeurs de rhum pour nous enivrer:  un échange somme toute équitable?

Il fait songer aux rues cases-nègres, reléguées dans les recoins des habitations coloniales, suffisamment loin de la Maison du Maître qui continue de régner sans partage sur les affaires des Isles, comme au bon vieux temps des colonies.

Aussi, la fin de l’Octroi de mer a-t-elle été présentée, par un ministre français, débarquant aux Antilles en 2023 et se posant en Libérateur, à la manière de Toussaint, comme la fin d’une servitude de quatre siècles pour les descendants d’esclaves des premières colonies françaises.

De fait, face à cette «promesse», peu de voix ont osé défendre cet impôt «colonial», de ce passé colonial faisons table rase et la Paix avec nous-mêmes, c’est-à-dire avec la France.

Le retournement

En réalité, il s’est produit, s’agissant de l’Octroi de mer, un retournement comme il s’en produit parfois dans l’histoire.. Cette taxe, établie par Colbert au bénéfice exclusif des colons, est devenue profitable aux «ex-colonisés», actuels «outremers», ce qui n’était pas le but pour lequel elle avait été instituée,  leur fournissant dès lors une assise financière au moment où la question de l’autonomie de ces territoires devient de plus en plus pressante, expliquant en partie le réveil soudain de la Métropole et sa charge foudroyante à son encontre. Ajoutée à cette considération, la situation financière catastrophique actuelle de l’Etat français qui explique son urgent besoin de faire la chasse au moindre euro.

Et dans une période de recentralisation des finances locales, à marche forcée, au motif de la maîtrise des dépenses publiques, la survivance de l’Octroi de mer, qui plus est aux mains de descendants d’esclaves noirs, représente une véritable « infamie» pour les administrations centrales, c’est-à-dire les Cols blancs qui administrent la France.
Mais pas que…

Le Front intérieur

En effet, voilà qu’à un an du renouvellement par Bruxelles du dispositif d’exonération de la production locale, le pouvoir central trouve un allié de taille dans son assaut contre l’Octroi de mer, avec un front intérieur, dénonçant une taxe « coloniale », instrument dangereux aux mains de maires noirs, «tous corrompus»,  «aux ordres des Békés» plutôt qu’«au service du Peuple». Il en appelle donc au Maître, à savoir l'Etat français (et même, au plus haut des cieux, l’Union européenne) pour y mettre bon ordre, c’est-à-dire mettre un terme à l'Octroi de mer.

... Suite à lire en pdf ici.

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 Viré monté