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Le Jardin créole - Mars 2022

Igname Cousse-couche / kouskouch:
Dioscorea trifida

Hector Poullet

Photos Olivier Gaubert, Flore de Guyane

Dioscorea trifida

A la question-devinette suivante souvent posée jadis au cours des veillées:

— Doudous-latè?

Les répondeurs avertis répondaient:

— Patat!

Mais ils auraient aussi bien pu répondre:

— Kouskouch!

Car de toutes les ignames, la kouskouch est sans conteste la plus appréciée et ce, quelle que soit la variété, qu’elle ait la chair blanche ou la chair violette.

Des ignames, on en rencontre en zone tropicale sur pratiquement tous les continents, mais c’est dans la zone américaine qu’on trouve le plus grand nombre d’espèces et ce bien avant l’arrivée des Européens. Plus d’une vingtaine d’espèces dans nos régions et dans chaque espèce des dizaines de variétés. L’anonyme de Carpentras (1618-1620) un chroniqueur qui décrit par le menu ce qu’il découvre en terre de Brésil, parle bien d’un tubercule qu’il nomme couchou, qui était, semble-t-il, «gros comme la cuisse», mais il s’agissait plus probablement de l’igname blanche Dioscorea alata, déjà introduite en terre d’Amérique.

Notre kouskouch, un nom qui semble venir d’une approximation phonétique d’un terme kalina, notre kouskouch, même la variété dite pat a cheval,  ne fait guère que 5 cm de diamètre. En Haïti on l’appelle ziyanm-sèl ou yanm-pi, en Guyane ziyanm-zendyen.

Si elle est la plus appréciée de toutes les espèces d’igname et par toutes les populations c’est que sa chair est fine, fondante, à peine farineuse et légèrement sucrée.

On peut la cultiver sur billons sans tuteur. Elle a aussi, autre avantage, la capacité de fleurir, comme beaucoup d’igname. Comme les différentes variétés de pieds femelles et mâles fleurissent en même temps, les premiers cultivateurs amérindiens, tout comme les chercheurs de l’INRAE, ont pu par croisement obtenir des hybrides et même des variétés nouvelles stables.

Mais à côté de ces quelques avantages notre kouskouch a de nombreux inconvénients:   

  • Sa biologie, plus équatoriale que tropicale fait qu’elle a un cycle de production long de 9 à 11 mois.
     
  • Elle est par ailleurs très sensible aux nématodes et plus encore  aux virus.

Les scientifiques font tout leur possible pour parvenir, par clonage et culture in vitro de cellules saines, à des plants résistants aux virus,  afin de relancer la culture à grande échelle. La résistance provisoire qu’ils obtiennent  n’est malheureusement  jamais définitive, si bien qu’avec la nécessité de renouvellement des plants,  le prix de revient de la Dioscorea trifida reste élevé par rapport aux autres espèces d’ignames.

Photos Olivier Gaubert, Flore de Guyane

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