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Le deuxième Festival de Gwo-Ka

15 et 16 septembre 2006 à 19 heures

Reali Productions

Festival de Gwo-Ka
Vendredi 15 septembre 2006
  • K'Spiwit.
  • Tamak.
  • Bill Zircon.
  • Kalbass Ka.
  • Napoléon Magloire.

Samedi 16 septembre 2006

  • Neg Bytasyon
  • Balkouta.
  • Jen ki ka.
  • Makaïa
  • Kalbass ka.
  • Napoléon Magloire
Lieu de la manifestation: La Java - 105, rue du Fg du Temple - 75010 Paris. (01 42 02 20 52)
Réservations: Email - Billets en vente à la FNAC et à Carrefour.
crabe

Dans toutes communautés exilées, il existe des pionniers qui font tout pour vivre leur culture sur leurs nouvelles terres. Ils y réussissent souvent, au prix de plusieurs années d’efforts et de luttes. Le temps fait alors son œuvre, souvent impitoyable avec eux. Pour Syncope, il importe de rafraîchir la mémoire collective, car sans ces précurseurs, nous ne pourrions pas déguster dans les bonnes conditions d’aujourd’hui, nos musiques favorites et anciennes.

Napoléon Magloire, l'empereur du ka

Napoléon Magloire

Napoléon avec sa soeur Eglantine.

Napoléon Magloire, alias Napo, a toujours 20 ans. Sa voix ne tremble pas malgré ses 85 ans. Invité à participer à la fête de Bouillante, il a été la vedette de la soirée. Avec ses chants et son rythme, il en a remontré aux tanbouyé. Lorsque l'on demande à Napo ce qu'il fait, il répond seulement qu'il élève des boeufs du côté de Mare Gaillard. au Gosier. Il reste modeste, en retrait.

Napoléon Magloire chante depuis rage de 17 ans. Il a connu tous les «wvyè neg': Vélo, M. Adeline Octavier et Camot. Son premier disque, il l'a enregistré avec Vélo et Arsène Boiban, en 1963.

En 1992, il a reçu le Ka d'or de l'association Vendredi Pichon. Napo est le maître chanteur du ka en Guadeloupe.

En 1995. il a sorti un autre album, avec Jean - Claude Nicolo cette fois. Puis un troisième, en 2000, avec Sapoti ( Napo - Loulouse ). Enfin, il a réalisé un disque sponsorisé par la municipalité de Gosier, Konvoi.

Peu de temps après, il a reçu un diplôme de maître ka, décerné par Vendredi Pichon. La voix de Napoléon Magloire est unique. Son registre lui permet également de chanter la biguine. Il a remporté aussi de nombreux prix, remis par ses pairs. L'association Doubout O Ka a tenu à inviter et à rendre hommage à ce grand maître ka à l'occasion de la fête de Bouillante. - J:J.G

Lire aussi : Le propos recueillis par Marie-Line Dahomay le 30 août 2005 à Mare-Gaillard Simonet Gosier.

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Makaïa

Fidèle à la tradition ancestrale

Assis droit sur son tambour Ka, le geste ferme et la voix posée, Philippe Makaïa possède un incomparable sens du rythme et de l’improvisation. Il est de ceux qui savent, par leur intime connaissance de la musique Gwoka, vous alléger du fardeau du quotidien, vous chavirer le corps et l’âme. Alliant tradition et modernité, il est resté fidèle à l’esprit Gwoka, cet art total que les esclaves arrachés des côtes d’Afrique inventèrent dans les plantations de canne à sucre et de café de la Guadeloupe.

Philippe Makaïa n’a pas choisi le tambour, celui-ci s’est imposé à lui. Au milieu des années 70, à quatorze ans à peine, il se retrouve sur la place du bourg de Morne-à-l’Eau, sa commune natale, à califourchon sur un Ka, en train de battre, des heures entières, les sept rythmes de base du Gwoka. Au cours de son adolescence, il fait la connaissance, joue et chante avec des maîtres de l’art tels Lambert Milon, Robert Loyson, Gérard Pommer, Marceau, Linlin et, surtout, Vélo, qu’il accompagnera plusieurs années «sur le boulevard» de Pointe-à-Pitre. Avec d’autres jeunes de son âge, il crée le groupe Gwo Siwo avec lequel, à la recherche d’un son nouveau, ils explorent les arcanes les plus secrètes du Gwoka qu’ils décortiquent et recomposent au grée de leur imagination. De cette expérience naîtra l’album Ka Fraternité.

Une riche expérience internationale

A 21 ans, Philippe Makaïa décide de devenir un musicien professionnel. Il quitte la Guadeloupe et, à Paris, il rejoint la formation de Guy Konkèt, la plus grande voix du Gwoka. Aux côtés de ce chanteur exceptionnel et novateur, qui n’hésite pas à introduire dans son groupe des instruments modernes tels que la guitare, la contrebasse, le piano, il s’ouvre l’esprit et franchit de nouveaux paliers dans la maîtrise de son art.

Curieux et avide de rencontres, Philippe Makaïa parcourra le monde et collaborera avec de grands noms du jazz tels que Bobby Few, David Murray et Faton Cahen, des maîtres de la musique mandingue comme Ousmane Kouyaté et Cheick Tidiane Seck, des incontournables de la musique chilienne et argentine, tels qu’Anita Valejo et l’Aleph Tropical Band, ainsi que des « allumés » de la nouvelle scène française: Señor Holmes, pour ne citer que ceux-là.

Le groupe de Philippe Makaïa

Percussionniste reconnu et demandé, Philippe Makaïa, 44 ans, avait toujours mis son talent au service des autres. Aujourd’hui, il nous offre le fruit de sa riche expérience en rassemblant autour de lui trois musiciens: la contrebassiste savoyarde Claire Gillet, le tromboniste martiniquais Pierre Chabrel et le guitariste guadeloupéen Franck Currier. Avec eux, il exprime ses idées et une conception du Gwoka enracinée dans la tradition et ouverte sur le monde. Sur des mélodies et des textes qui célèbrent la nature, l’amitié, la musique et dénoncent les maux dont souffrent la planète et son île, la Guadeloupe.

Un album inventif et généreux

Un premier album inventif et généreux permettra à chacun de prolonger l’émotion des concerts. Sont ici invités des amis musiciens: le chanteur camerounais Pablo Master, le chanteur et tanbouyé guadeloupéen Alain Castaing, et le flûtiste breton Bruno Harlé. Ils jouent ensemble une musique profonde et moderne qui devrait séduire tant les amoureux de tradition que les amateurs de créations originales.

Group Makaïa

MAKAÏA Philippe: tambours KA et voix

Né à Morne-à-l’eau, issu de l’école du tambour Ka, il a commencé à jouer très jeune avec les Maîtres du Gwoka: Vélo, Loyson, Konket et Chaben. Il forme les groupes Gwo-Siwo (album Ka Fraternité) en Guadeloupe en 1980, Wopso à Paris en 1995 et Makaïa en 2004. Il participe à plusieurs tournées en Europe, en Afrique, aux U.S.A. et dans les Caraïbes avec Guy Konket, Pharoah Sanders, Bernard Lubat, Dédé Minvielle, Ousmane Kouyate, Faton Cahen, Myriam Mezieres, Jean-Christophe Maillard, Etienne M’Bappe, David Murray, Seck Tidiane, Boby Few, Chris Anderson… Il a participé à des représentations théâtrales avec les compagnies d’Oscar CAstro et de Luc Saint-Eloi et à des films: Samba Traouré d’Idrissa
Oudraougo ET Chili con carne de Thomas Gilou.

GILLET Claire: contrebasse, voix

Née à Chamonix, contrebassiste, compositeur, de formation classique (CNR de Versailles avec J. Cazauran) s’est depuis toujours investie dans différents styles musicaux et s’est particulièrement intéressée aux musiques traditionnelles. Elle a été la contrebassiste de différents groupes : Zon, Faton Cahen, Wopso et a collaboré à d’autres aventures musicales telles que M. Zanini , J.J. Lemaître, Jérôme Bourdellon, théâtre Aleph… Elle joue actuellement avec Makaia (Gwoka), Michel Jeanneret (chanson française), Ar Skolpenn (musique bretonne), Jean–Laurent Pinot (chansons pour enfants), Azad (musique klezmer).

CHABRELE Pierre: trombone, guitare et voix

Né en Martinique, c’est à son arrivée à Paris à l’âge de 19 ans qu’il adopte le trombone. Dès lors il participe activement à la scène musicale antillaise. A la musique de rue s’ajoute une formation classique acquise au Conservatoire pendant huit années avec J. Toulon (soliste à l’orchestre de Paris). Il vit pour le Swing et le dynamisme d’un trombone ouvert à tous les rythmes ; il tourne à travers le monde avec des grands de la scène
caraibéenne (Kassav, Wopso…), africaine (Youssou N’Dour, Toure Kunda, Salif Keïta, Rido Bayonne…), française (Les Négresses Vertes, Enzo Enzo…) et du jazz, blues, gospel, techno, raï, funk (Big Band Hervé Krief, David Murray…).

CURIER Franck: guitare, voix et arrangements

Né à Vieux-Habitants, musicien Guadeloupéen faisant vibrer les cordes de sa guitare, au service de l’Art … et des artistes de la communauté…mais pas seulement, il accompagne le groupe Dissonance et il arrange les
cuivres et les cordes. Il a oeuvré avec Franky Vincent, Michel Alibo, Wopso et bien d’autres…Il a travaillé sur des musiques pour enfants avec Harold Abraham et de la chanson française avec Olivier Beranger.

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Philippe Makaïa : La voie du Ka

Tanbouyé aux doigts de fer et à la voix posée, Philippe Makaïa est aujourd'hui un "Gwoka master " recherché dans un monde musical de plus en plus friand de mélange. Modeste, le guadeloupéen se dit heureux de faire connaître son tanbou, le Ka, sa musique, le Gwoka, et à travers eux, son pays.

"Mon école à moi c'est la rue…"

Le parcours musical de Philippe Makaïa débute au milieu des années 70 sur la place du bourg de Morne-à-l'Eau, en Guadeloupe. "Morne-à-L'eau était une commune tolérante à l'époque, à l'égard du Gwoka. Ce qui n'était pas le cas partout, précise t-il, notamment à Pointe-à-Pitre [le chef lieu] où les tanbouyé ont dû s'imposer pour continuer à jouer sur le boulevard. " A Morne-à-l'Eau on mettait les Ka sur la place et on jouait tous les jours pendant des heures et des heures." Une envie de jouer, d'apprendre et d'innover qui se concrétisera par la formation d'un groupe de quatre tanbouyé baptisé Gwo Siwo.

Une époque qui a marqué le musicien. "Nous étions jeunes et nous voulions faire de grandes choses, peut être cela nous dépassait-il? "Il en résultera tout de même l'album "Ka fraternité", considéré par certains comme un disque mythique, seul témoignage de l'état d'esprit qui régnait alors.

Une autre caractéristique de Morne-à-L'eau pèsera lourd dans la formation du chanteur Makaïa: Ce sont les veillées mortuaires!" Il y en avait souvent, se souvient Philippe, très animées, avec beaucoup de chants et de Boulagyèl1 et des jeux comme le Zizipan2". Pendant la veillée, pas de tanbou! C'est le Boulagyèl qui prend sa place. Les voisins venus des Grands-Fonds, terre de prédilection des chants polyphoniques guadeloupéens, apportent leur concours. C'est là que Philippe rencontrera celui qui lui apprendra le chant: Lambert Milon.  Homme de fidélité, le tanbouyé aime à citer et remercier tous ceux avec qui il a partagé l'amour et la connaissance du Gwoka. Parmi toutes ces personnes reviennent souvent les noms de deux maîtres: Vélo et Guy Konkèt .

Fidélité et ouverture

Sur le boulevard, à Pointe-à-Pitre, le mornalien jouera avec de nombreux et talentueux musiciens dont Vélo. Pour toute une génération, celui-i est " Le " maître. D'ailleurs Philippe considère qu'à cette époque, il suivait l'enseignement de Vélo (Lékòl a Vélo). L'émotion est perceptible quand il évoque le souvenir du petit homme au chapeau de pêcheur qui faisait résonner son Ka dans Pointe-à Pitre. "Vélo a cassé la tradition, il avait déjà voyagé dans sa tête et il aurait pu jouer avec un guitariste s'il le voulait…" Autre rencontre déterminante celle avec Guy Konkèt. "C'était un autre niveau. Guy est celui qui a fait sortir le Gwoka de Guadeloupe et l'a fait connaître dans le monde. Il y a introduit d'autres instruments : basse, contrebasse. Travailler avec lui m'a ouvert l'esprit et formé l'oreille." Le Boulayè-Makè3 Makaïa est maintenant un professionnel reconnu et sa discographie reflète son ouverture d'esprit : Jazz - avec David Murray entre autres -, musique bretonne, nouvelle approche du  Gwoka, avec la guitare de Jean Christophe Maillard ou bien au sein de Wopso . Aujourd'hui, la somme de toutes ces expériences se retrouve dans la composition de son nouveau groupe : deux tanbou, une contrebasse, une guitare et un trombone. Une formule qui dans les deux albums du groupe Wopso, avait révélé un son feutré, avec un Boula bien rond et un Makè pas trop " éclatant " où se posaient voix, cordes et trombone. Sur scène Philippe Makaïa chante et s'accompagne sur son Ka ou avec un Djembé. Un Djembé pas comme les autres. "Beaucoup de Makè utilise le djembé car c'est à la  mode, affirme t-il. La peau du mien est cerclée et serrée avec des clés comme celle d'un Ka de Guadeloupe." L'homme reste fidèle à sa tradition mais est favorable aux évolutions: "La base reste là mais il faut aussi des innovations. Le musicien doit chercher à évoluer et récolter les fruits de l'expérience."  .

Article rédigé par Diyo Laban

  1. Boulagyèl (Boulagèl): Reproductions vocales et polyphoniques du jeu du tanbou Boula, sur lesquelles le chanteur pose sa voix.
  2. Zizipan: Se joue avec une tige de bois ou un sabre (machette) frappé de bas en haut en cadence, les participants passent la main en dessous et essaient de ne pas se faire frapper.
  3. Boula et Makè: Tambours de la tradition Gwoka. Le Boula est le plus gros et le plus grave. Il soutient le rythme en continu. Le Makè, plus petit et plus aigu, sert à jouer les solos. Il accompagne les danseurs dans un dialogue improvisé ou codifié. Les musiciens sont appelés Boulayè ou Makè en fonction du tanbou, du Ka, qu'ils utilisent.
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