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L’ESCLAVAGE, LA FRANCE,
LES ABOLITIONS, LES ENJEUX

LES FORUMS DE SOCIÉTÉ
 

Bateau négrier

Bateau négrier. Source

Nul lieu du monde ne peut s’accommoder du moindre oubli d’un crime, de la moindre ombre portée. Nous demandons que les non-dits de nos histoires soient conjurés pour que nous entrions tous ensemble et libérés dans le Tout-Monde. Ensemble encore, nommons la traite et l’esclavage perpétrés dans les Amériques crime contre l’humanité.
Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Wole Soyinka

Et d’abord quelques dates auxquelles bien d’autres devraient s’ajouter pour conjurer l’oubli et offrir quelques points d’ancrage à une mémoire collective qui reste à édifier:

1685: promulgation par Louis XIV du Code Noir qui réglemente l’esclavage des Noirs dans les colonies françaises d’Amérique.

février 1794: abolition générale de l’esclavage par la Convention à l’issue de révoltes et d’insurrections.

juillet 1802: rétablissement de l’esclavage par Bonaparte et déclenchement d’une guerre dont le but était de rejeter dans les fers des femmes et des hommes qui étaient devenus de libres citoyens.

1er janvier 1804: proclamation du premier État noir indépendant qui prend le nom de Haïti, à la suite de la reddition des armées françaises.

avril 1848: décret d’abolition de l’esclavage par le gouvernement de la IIe République.

21 mai 2001: adoption par le Parlement français de la loi Taubira «tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité».

Cette loi revêt un caractère fondateur s’il est vrai que l’enjeu est bien de dégager un avenir commun à travers une histoire enfin partagée. Non qu’il fallût attendre cette date pour découvrir l’esclavage. Mais la société avait cru se protéger des effets d’une prise de conscience trop aiguë, en rejetant dans un passé vague et lointain une pratique qu’elle jugeait désormais barbare et qui, de ce fait, devenait en quelque sorte étrangère à elle-même et à sa propre histoire. C’est pourquoi il a paru indispensable de se focaliser sur la pratique française de l’esclavage même si évidemment notre pays n’en a pas eu la triste exclusivité. Car il s’agit justement d’éclairer la manière dont l’esclavage s’inscrit dans l’histoire française, comment les représentations raciales qui prétendaient le justifier ont perduré dans la colonisation et jusqu’à quel point leur persistance nourrit aujourd’hui encore les discriminations. Afin de mieux cerner ce que sont aujourd’hui les enjeux de mémoire.

En 1848, la seconde abolition fut accompagnée d’un impératif appel à l’oubli du passé, comme prix d’une nécessaire réconciliation. Ainsi, une lourde chape de silence fut-elle posée sur l’esclavage que l’on venait de proscrire. C’est cette chape qu’aujourd’hui on soulève. Ces rencontres voudraient modestement y contribuer. Car, il n’y a pas lieu de craindre ici le ressassement quand il s’agit de mettre au jour ce qui a été si longtemps refoulé.

PROGRAMME VENDREDI 31 MARS À 19H30

  • Christiane Taubira, Les deux abolitions et leurs ambiguïtés. Quelles traces aujourd’hui dans les représentations et les inégalités.
  • Sandrine Lemaire, L’esclavage dans l’imaginaire colonial.
  • Édouard Glissant, Nous sommes entrés dans une ère du monde où toute simplicité est un gage d’erreur et de fixation.

SAMEDI 1ER AVRIL À 15H

  • Pascal Blanchard, Les «Noirs» en image: des abolitions aux zoos humains, des conquêtes coloniales aux indépendances.
  • Nelly Schmidt, Abolitions de l’esclavage: entre mythes et réalités..
  • Oruno Denis Lara, Colonisation, esclavage et liberté.

SAMEDI 1ER AVRIL À 19H30

  • Projection de Passage du Milieu, un film de Guy Deslauriers (1h20’, Kréol productions, 1999).

SAMEDI 22 AVRIL À 15H

  • Françoise Vergès, Les troubles de mémoire. Des défis pour la République Caroline Oudin-Bastide Violence et esclavage.
  • Nicolas Rey, En finir avec une histoire occultée: les libérateurs de l’Amérique latine étaient antillais!

 

Christiane Taubira est députée de Guyane, auteur et rapporteur de la loi qui porte son nom.

Sandrine Lemaire est agrégée en histoire. Elle a notamment co-dirigé Zoos humains. Au temps des exhibitions humaines et La Fracture coloniale (La Découverte).

Édouard Glissant est poète, écrivain et essayiste. Dernier livre paru: La Cohée du Lamentin (Gallimard).

Pascal Blanchard est historien et chercheur au Cnrs. Il a co-dirigé notamment La République coloniale. Essai sur une utopie (Albin Michel) et La Fracture coloniale (La Découverte).

Nelly Schmidt est directrice de recherche au Cnrs. Derniers ouvrages parus: L’Abolition de l’esclavage (Fayard), Histoire du métissage (La Martinière).

Oruno Denis Lara est directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amériques. Dernier ouvrage paru: La Colonisation aussi est un crime (L’Harmattan).

Françoise Vergès est professeur au Centre for Cultural Studies du Goldsmiths College à Londres. Elle a publié notamment Abolir l’esclavage: une utopie coloniale et Aimé Césaire. Nègre je suis, nègre je resterai (Albin Michel).

Caroline Oudin-Bastide est docteur en histoire et civilisations de l’Ehess. Elle vient de publier Travail, capitalisme et société esclavagiste (La Découverte).

Nicolas Rey est docteur en sociologie du développement. Il a publié Quand la révolution, aux Amériques, était «nègre»… (Karthala).

Sur une proposition et un programme de Jean-Claude Myrtil.

En partenariat avec Conférences&Débats
Séances du 31 mars et 1er avril diffusées en direct ici.
Information: Email - 01 44 78 46 52

 

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